HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE

DGRH : du silence aux principes, une réponse qui confirme le décalage

Le harcèlement détruit le service public, le harcèlement tue. Soutenez notre action contre le harcèlement moral. Aujourd'hui, HELPEN Education nationale a rendez-vous aujourd’hui à la DGRH - Direction générale des ressources humaines. Après onze mois sans réponse formalisée et huit dossiers d’agents en grande souffrance transmis, nous attendons toujours des avancées concrètes. Depuis, ce sont plus de 2000 situations qui nous ont été signalées. Sur le terrain, les difficultés persistent. Et une question demeure : comment garantir un traitement effectif des situations individuelles ? Aujourd’hui, nous venons chercher des réponses claires sur les dossiers transmis.

Helpen

4/13/20263 min read

DGRH : du silence institutionnel à la dilution des responsabilités

Après plus de sept mois de relances, de courriers, d’échanges et d’alertes répétées, l’association HELPEN Éducation nationale a finalement obtenu la confirmation d’un nouveau rendez-vous avec la Direction générale des ressources humaines. Ce rendez-vous, fixé aujourd’hui, n’est pas le fruit d’un fonctionnement administratif normal, mais bien celui d’un rapport de force devenu nécessaire pour obtenir une simple réponse.

Car depuis notre rencontre du 14 mai 2025, au cours de laquelle des dossiers d’agents en grande souffrance ont été transmis à l’administration centrale, aucun retour formalisé n’a été apporté. Ni sur l’examen de ces situations, ni sur les propositions concrètes que nous avions formulées, ni sur la demande de soutien adressée à la DGRH pour structurer notre travail de sociovigilance. Ce silence prolongé ne peut être considéré comme un retard. Il constitue en lui-même un fait administratif et politique.

Ce qui interpelle aujourd’hui, au-delà même de ce délai anormal, ce sont les modalités de la réponse enfin apportée. La réunion qui nous est proposée ne portera pas sur les dossiers transmis, mais sur des considérations générales : le pilotage de la politique de santé et sécurité au travail, les modalités de traitement des situations dans les académies, ou encore les droits des agents en matière de reconnaissance des pathologies psychiques.

Autrement dit, alors que des situations précises, documentées, parfois engagées dans des procédures contentieuses, attendent une réponse, l’administration choisit de déplacer l’échange vers le terrain des principes. Ce glissement n’est pas neutre. Il révèle une difficulté persistante à traiter le concret, à assumer le suivi des cas individuels et à répondre sur des situations qui engagent pourtant directement la responsabilité de l’employeur public.

Un autre élément mérite d’être relevé. Il illustre, au contraire, une forme de dilution des responsabilités qui caractérise précisément les situations que nous dénonçons. Ce phénomène, bien connu des agents confrontés à des situations de harcèlement ou de souffrance au travail, se retrouve aujourd’hui dans la manière même dont l’administration centrale traite les alertes qui lui sont adressées.

Depuis plusieurs mois, HELPEN agit dans un cadre strictement responsable. Nous ne qualifions pas juridiquement les faits, nous ne mettons pas en cause nominativement les personnes, et nous nous inscrivons dans une logique de coopération avec l’institution. Mais cette coopération suppose une réciprocité minimale. Or, à ce jour, huit situations individuelles graves, réparties sur autant d’académies, n’ont donné lieu à aucune réponse identifiable de la part des rectorats concernés. Dans le même temps, les propositions que nous avons formulées visant précisément à améliorer le traitement de ces situations sont restées sans suite. Cette absence de réponse ne peut être interprétée comme une simple inertie. Elle interroge plus largement la capacité de l’institution à se saisir de ses propres dysfonctionnements.

Dans ce contexte, la multiplication récente des dispositifs d’enquête et de diagnostic pose question. Car le problème n’est plus aujourd’hui de connaître les difficultés rencontrées par les agents. Il est de savoir pourquoi, malgré les signalements déjà effectués, les situations perdurent sans traitement effectif.

Le rendez-vous de ce jour ne pourra se limiter à un échange sur des principes généraux. Il constitue un moment de vérité. Soit l’administration accepte d’entrer dans le traitement concret des situations qui lui sont soumises, soit elle confirme, par ses réponses, l’existence d’un décalage structurel entre les discours affichés et la réalité vécue sur le terrain.

Dans un cas comme dans l’autre, une conclusion s’impose désormais avec clarté : le temps des constats est passé. Celui des actes est attendu.