HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE
Convergences et divergences entre nos propositions et le projet de la DGAFP "Santé et Travail"
Suite à l'article publié hier dans la revue Acteurs Publics, "L’État présente une première esquisse du futur plan “Santé au travail” dans la fonction publique ", l'association souhaite réagir et faire le point sur les convergence et les divergences afin de lutter contre la souffrance au travail dans la fonction publique. Malgré six demandes, nous n'avons jamais été reçu par la direction générale des affaires publiques. Le directeur de la DGAFP (direction générale de l'administration et de la fonction publique) refuse de nous répondre, comme il refusait de nous répondre quand il dirigeait la DGRH (direction générale des ressources humaines) de l'Education nationale.
Helpen
2/7/20264 min read


Santé au travail dans la fonction publique : quand la DGAFP rejoint enfin les constats portés par HELPEN
Le 4 février 2026, la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a présenté aux organisations syndicales les premiers axes d’un futur Plan Santé au Travail dans la fonction publique (PST post-2025).
Ce document de travail, relayé par Acteurs publics, marque un tournant : pour la première fois, la DRH de l’État reconnaît explicitement que le plan précédent a été insuffisamment mobilisateur, mal piloté et peu cohérent.
Pour l’association HELPEN Éducation nationale, qui documente depuis plus d’un an les mécanismes de harcèlement moral et de souffrance au travail entre agents publics, ce constat n’est pas une surprise. Il rejoint, point par point, les alertes que nous portons depuis 2023.
Mais si les diagnostics convergent, les réponses proposées révèlent encore des angles morts majeurs, notamment sur la question centrale de la responsabilité institutionnelle.
La DGAFP commence à dire ce que HELPEN démontre depuis un an. HELPEN pose désormais la question que la DGAFP n’ose pas encore affronter : qui protège réellement les agents quand l’institution faillit ?
Un aveu rare : l’échec du pilotage précédent
Dans son document préparatoire, la DGAFP reconnaît que le précédent plan Santé au Travail a échoué faute de pilotage clair, de cohérence entre les actions, d’appropriation réelle par les administrations.
Ce constat fait écho à ce que vivent quotidiennement les agents accompagnés par HELPEN : des dispositifs théoriquement existants (RSST, médecine de prévention, cellules académiques, protection fonctionnelle), mais inopérants dès lors que la hiérarchie est impliquée.
L’échec n’est pas celui des outils, mais de leur usage.
Les 4 axes du futur plan DGAFP : des convergences nettes
La DGAFP structure son futur plan autour de quatre axes principaux.
1. Consolider la prévention et diffuser une culture managériale
La DGAFP souhaite renforcer :
la médecine de prévention,
les acteurs de la prévention,
la formation des cadres,
la culture de la prévention dans les comités sociaux d’administration.
HELPEN partage ce diagnostic : la défaillance managériale est au cœur des situations de harcèlement institutionnel.
Mais former ne suffit pas lorsque les mêmes cadres restent juges et parties dans le traitement des signalements.
2. Moderniser les outils et les données en santé au travail
La DGAFP reconnaît que les outils statistiques actuels sont :
mal appropriés,
peu adaptés au terrain,
insuffisamment articulés entre eux.
Elle annonce vouloir améliorer la collecte et le traitement des données. C’est précisément l’un des piliers du travail de HELPEN : produire des données là où l’institution n’en produit pas.
En un an, plus de 2 250 agents ont témoigné spontanément via notre plateforme. Ces données révèlent :
l’absence d’enquêtes dans 74 % des cas,
des représailles après signalement dans 77 % des situations,
des situations de harcèlement durant parfois plus de cinq ans.
Sans données indépendantes, il n’y a ni pilotage, ni responsabilité.
3. Mieux prendre en compte les risques spécifiques, la santé mentale et les violences
La DGAFP annonce vouloir renforcer :
la prévention des risques psychosociaux,
la prise en compte de la santé mentale,
la protection contre les violences au travail,
la santé des femmes.
Là encore, HELPEN documente depuis longtemps que le harcèlement moral est un risque professionnel majeur, aux conséquences humaines, sanitaires et financières graves.
Mais reconnaître les risques ne suffit pas si les agents qui les signalent continuent d’être isolés, discrédités, sanctionnés ou contraints au silence.
4. Passer d’actions ponctuelles à une prévention continue
La DGAFP souhaite développer une prévention plus proche des agents, en lien avec l’Assurance maladie.
HELPEN souscrit pleinement à cette ambition, à condition qu’elle ne masque pas une réalité plus brutale : des agents sont déjà détruits, des carrières sont brisées, des situations suicidaires sont ignorées.
La prévention ne peut servir d’alibi à l’absence de protection des victimes.
Là où HELPEN va plus loin : la question que l’État n’ose pas encore poser
Si les constats convergent largement, une différence majeure subsiste.
La DGAFP parle de prévention. HELPEN parle de responsabilité.
HELPEN met en évidence ce que les plans institutionnels contournent encore :
lorsque la hiérarchie est impliquée, l’enquête interne devient impossible ;
lorsque l’institution est juge et partie, le silence s’installe ;
lorsque les signalements sont suivis de représailles, la parole se tarit.
C’est ainsi que le harcèlement devient institutionnalisé.
Du cas individuel au dysfonctionnement systémique
HELPEN défend un changement de paradigme :
Les situations individuelles de harcèlement ne sont pas des accidents. Elles sont des révélateurs d’un dysfonctionnement structurel du service public.
C’est pourquoi nous appelons et appellerons formellement la DGAFP avant le 21 février à :
une production de données indépendantes et opposables,
un pilotage national réel,
des garanties de protection effectives pour les agents,
une reconnaissance du harcèlement institutionnel comme enjeu d’intérêt général.
Une opportunité à ne pas manquer
Le futur Plan Santé au Travail post-2025 représente une occasion de changer la donne.
Mais sans courage politique, sans mécanismes contraignants, sans tiers de confiance indépendant, il risque de reproduire ce que la DGAFP reconnaît elle-même comme un échec. HELPEN continuera à :
documenter,
alerter,
accompagner les agents,
et rappeler une vérité simple :
Il n’y a pas d’action publique efficace si les agents ne sont ni protégés, ni respectés.
Solidarité, combativité
Luttons ensemble contre le harcèlement moral dans l'Education nationale. Tout don à Helpen offre 66% de réduction d'impôts.
© 2024-2026. All rights reserved (INPI). HELPEN - 22 rue de la Saïda - 75015 PARIS
contact@helpen.fr (en pause du 20 février au 9 mars 2026) - CETTE ADRESSE MAIL NE RECOIT NI TEMOIGNAGES NI PIECES JOINTES.
IMPORTANT - Les dépôts de témoignage se font sur la plateforme helpen.eu, pas par courriel. Les témoignages sont déposés sur le site intranet réservé aux adhérents, pour des raisons de sécurité / confidentialité.


