HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE
Une semaine pour faire passer les alertes du terrain au débat public
Le 1er septembre, HELPEN a rendu public son premier Livre noir de l’Éducation nationale. Ses 264 pages sont le résultat de deux années de collecte, d’analyse et de consolidation. Plus de 2 500 témoignages et signalements ont été reçus par l’association ; 1 014 contributions ont nourri notre travail statistique et 600 témoignages ont fait l’objet d’une consolidation selon notre méthodologie.
Helpen
9/11/20267 min read
Il y a parfois des semaines qui résument à elles seules le sens d’un travail engagé depuis des mois. Celle qui vient de s’écouler en fait partie pour HELPEN. Quelques jours après la publication du Livre noir de l’Éducation nationale 2026, notre association a multiplié les échanges avec des journalistes, rencontré deux députés, présenté ses travaux à la Médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, poursuivi le travail autour de cinq questions écrites adressées au Gouvernement et commencé à faire circuler largement les exemplaires papier du rapport.
Pris séparément, chacun de ces événements pourrait sembler modeste. Mis bout à bout, ils dessinent pourtant quelque chose d’important : les situations dont des personnels nous parlent depuis deux ans commencent à quitter le seul espace du témoignage pour devenir des objets documentés, médiatisés, discutés au Parlement et présentés aux institutions.
En achetant le livre noir, (gratuit en PDF, 29 euros port compris en version imprimée), vous recevez un kit complet avec le cahier documentaire numéro un en plusieurs exemplaires, et plusieurs flyers afin de les distribuer autour de vous. C'est actuellement le meilleur moyen d'aider le collectif, pour la défense de tous les agents de l'Education nationale
Un Livre noir qui doit maintenant vivre au-delà du livre
Le 1er septembre, HELPEN a rendu public son premier Livre noir de l’Éducation nationale. Ses 264 pages sont le résultat de deux années de collecte, d’analyse et de consolidation. Plus de 2 500 témoignages et signalements ont été reçus par l’association ; 1 014 contributions ont nourri notre travail statistique et 600 témoignages ont fait l’objet d’une consolidation selon notre méthodologie.
Nous le rappelons systématiquement : ces données ne constituent pas un échantillon représentatif des 1,4 million d’agents de l’Éducation nationale. Elles décrivent les personnes qui se sont tournées vers HELPEN, souvent parce que leur situation était déjà fortement dégradée. Leur intérêt est ailleurs : elles permettent d’observer avec une précision croissante les mécanismes qui apparaissent lorsque quelque chose se passe mal.
Que devient une alerte ? Qui la reçoit ? Comment est-elle qualifiée ? Qui prend le relais ? Comment s’articulent hiérarchie, ressources humaines, médecine de prévention, inspection santé et sécurité au travail, instances spécialisées, Inspection générale ou représentants des personnels ? Et, surtout, qui vérifie à la fin que la personne a effectivement été protégée ?
C’est désormais autour de ces questions que HELPEN souhaite prendre la parole. Le Livre noir n’est plus seulement un ouvrage dont nous annonçons la publication. Il devient notre source documentaire.
Des médias pour faire connaître les mécanismes, pas seulement les témoignages
Cette semaine a d’abord été marquée par la poursuite d’un important travail avec la presse. HELPEN a notamment présenté publiquement ses constats sur SqoolTV. D’autres échanges ont été engagés avec plusieurs rédactions, parmi lesquelles l’AFP et Acteurs Publics.
Notre démarche vis-à-vis des journalistes est volontairement exigeante. Nous ne cherchons pas à multiplier les récits les plus spectaculaires. Lorsqu’un journaliste souhaite approfondir un sujet, nous essayons de lui permettre de travailler à partir de témoins directs, de chronologies compréhensibles et, lorsque les personnes concernées l’acceptent, de pièces permettant la vérification et le contradictoire.
La question que nous proposons est finalement très simple : que devient concrètement une alerte lorsqu’elle entre dans l’Éducation nationale ?
Cette évolution est importante. Pendant longtemps, la souffrance au travail des personnels a surtout été abordée par l’addition de témoignages individuels. Ces témoignages restent indispensables. Mais ils peuvent désormais être confrontés à des données, des procédures, des réponses administratives et des mécanismes récurrents.
Du terrain au Parlement : cinq questions adressées au Gouvernement
Le deuxième mouvement de cette semaine est politique, au sens institutionnel du terme.
Depuis plusieurs mois, HELPEN travaille avec des parlementaires de sensibilités différentes. Ce travail a conduit à la formulation de cinq questions écrites adressées au Gouvernement, consacrées notamment au traitement des signalements, à la protection des personnels, à la connaissance du phénomène et aux conséquences de ces situations sur le fonctionnement du service public d’éducation.
Cette semaine, ce travail parlementaire s’est poursuivi avec de nouvelles rencontres à l’Assemblée nationale. Le 8 septembre, nous avons notamment échangé avec le député Maxime Michelet, après d’autres rencontres parlementaires intervenues au cours des derniers mois. Nous serons à nouveau à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, et toutes les semaines jusqu'à la fin du mois d'octobre.
Nous tenons beaucoup à la nature transpartisane de cette démarche. La souffrance au travail des personnels de l’Éducation nationale n’appartient à aucune famille politique. HELPEN n’a pas vocation à fournir une conclusion politique aux parlementaires. Notre responsabilité est de mettre à leur disposition des faits, des données, des témoignages et des questions suffisamment documentées pour permettre l’exercice du contrôle parlementaire.
Le Livre noir consacre d’ailleurs une partie de ses pages 189-190 à cette démarche : « Du terrain au Parlement : cinq questions écrites, un même constat. »
Nous publierons les réponses du Gouvernement lorsqu’elles interviendront. Elles seront étudiées avec la même méthode : ce qui est répondu, ce qui est documenté et, éventuellement, ce qui reste sans réponse.
Deux heures avec la Médiatrice nationale
Le 8 septembre a également été marqué par une rencontre de près de deux heures avec la Médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et son équipe spécialisée dans les questions de souffrance au travail.
Cet échange a permis à HELPEN de présenter non seulement les résultats du Livre noir, mais surtout les mécanismes que nous voyons apparaître dans les parcours qui nous sont confiés.
Un point mérite particulièrement d’être retenu : le problème n’est pas toujours que personne ne répond.
Une situation peut être connue de la hiérarchie, de la DRH, de la médecine de prévention, de l’ISST, de l’Inspection générale ou de représentants des personnels. Plusieurs acteurs peuvent même intervenir sincèrement et effectivement. Pourtant, l’ensemble de ces interventions ne forme pas nécessairement une chaîne continue de prévention.
Nous proposons de travailler sur cette notion de « désarticulation institutionnelle de l’alerte » : l’information existe, parfois à plusieurs endroits, mais personne ne semble nécessairement disposer d’une vision globale du parcours et de la responsabilité de sa continuité.
Autrement dit : une alerte peut être connue de tous et n’être prise en charge par personne dans sa globalité.
La rencontre avec la Médiatrice a également permis d’échanger sur la rupture de confiance de certains agents, la multiplication des interlocuteurs, le besoin de traçabilité et de contradictoire, mais aussi sur l’intérêt de solutions beaucoup plus précoces. Parmi les pistes discutées figure notamment celle d’une médiation RH de proximité capable d’intervenir avant que des conflits professionnels ne deviennent des situations humaines et administratives extrêmement lourdes.
C’est exactement le type de dialogue que HELPEN souhaite désormais développer : documenter ce qui ne fonctionne pas, mais aussi travailler sur ce qui pourrait fonctionner mieux.
Près de 200 exemplaires papier déjà en circulation
Cette semaine a enfin été celle de la diffusion.
Alors que l’intégralité du Livre noir est accessible gratuitement en PDF, près de 200 exemplaires papier ont déjà été commandés depuis le lancement. Nous ne présentons pas ce chiffre comme celui d’un succès éditorial commercial : HELPEN n’est pas une maison d’édition et ce livre s’adresse à un public spécialisé.
Nous y voyons plutôt la constitution d’un premier réseau physique de diffusion.
Un exemplaire peut être lu puis transmis. Il peut arriver dans une salle des professeurs, chez un représentant des personnels, sur le bureau d’un parlementaire, auprès d’un journaliste ou d’un responsable administratif. C’est précisément pourquoi nous préparons désormais des kits associant au livre des cahiers documentaires et des documents courts à diffuser autour de soi.
Notre objectif est d’atteindre 500 exemplaires papier diffusés, seuil permettant également d’équilibrer économiquement cette première opération d’impression. Cette indépendance compte : elle permet à HELPEN de poursuivre son travail documentaire tout en maintenant gratuitement l’accès numérique au rapport.
Et maintenant ?
Cette semaine ne constitue pas un aboutissement.
Aucune interview, aucune question parlementaire et aucune rencontre institutionnelle ne suffisent, à elles seules, à modifier la situation des personnels qui nous écrivent. Mais quelque chose a changé.
Les témoignages recueillis depuis deux ans ont produit un corpus. Ce corpus a produit un rapport. Ce rapport fournit désormais des sujets aux journalistes, des questions aux parlementaires et une matière de discussion avec les institutions.
C’est cette chaîne que nous voulons poursuivre.
Dans les prochaines semaines, HELPEN continuera donc à publier progressivement les données et analyses du Livre noir, à documenter le parcours des alertes, à accompagner le travail des journalistes lorsqu’un contradictoire sérieux est possible, à suivre les cinq questions parlementaires et à préparer le futur Livre blanc, qui devra transformer les constats en propositions opérationnelles.
Notre ligne restera la même : ne pas prétendre démontrer davantage que ce que nos données permettent d’établir, mais ne plus laisser disparaître ce qu’elles permettent réellement d’observer.
Car derrière les statistiques, les procédures et les acronymes administratifs demeure une question très concrète : lorsqu’un agent alerte parce que sa situation professionnelle se dégrade, qui s’assure, du début à la fin, que cette alerte produit effectivement une protection ?
C’est à cette question que nous continuerons de travailler.
Le Livre noir HELPEN 2026 est accessible gratuitement en intégralité sur helpen.fr/livre-noir.
En achetant le livre noir, vous recevez un kit complet avec le cahier documentaire numéro un en plusieurs exemplaires, et plusieurs flyers afin de les distribuer autour de vous. C'est actuellement le meilleur moyen d'aider le collectif, pour la défense de tous les agents de l'Education nationale

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