HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE
Le Figaro consacre un article au Livre noir de HELPEN : quand les alertes se « désintègrent » dans le labyrinthe administratif
Sous le titre « Labyrinthe administratif, “désintégration” des alertes, absence de protection… Un livre noir dénonce le harcèlement dans l’Éducation nationale », la journaliste Caroline Beyer revient longuement sur les témoignages recueillis par notre association, les mécanismes que nous avons tenté d’identifier et, surtout, sur la question qui traverse l’ensemble du rapport : que devient une alerte une fois qu’elle entre dans le système ?
Helpen
8/31/20265 min read


À l’occasion de la publication, ce 1er septembre 2026, du Livre noir de l’Éducation nationale, Le Figaro consacre une pleine page au travail mené depuis plus de deux ans par l’association HELPEN.
Sous le titre « Labyrinthe administratif, “désintégration” des alertes, absence de protection… Un livre noir dénonce le harcèlement dans l’Éducation nationale », la journaliste Caroline Beyer revient longuement sur les témoignages recueillis par notre association, les mécanismes que nous avons tenté d’identifier et, surtout, sur la question qui traverse l’ensemble du rapport : que devient une alerte une fois qu’elle entre dans le système ?
Du harcèlement au devenir des alertes
L’article ne réduit pas le Livre noir à une accumulation de situations individuelles ou de chiffres. Il restitue ce qui constitue progressivement devenu le cœur de notre interrogation : comment une alerte initialement considérée comme urgente peut-elle, au fil de son parcours administratif, perdre progressivement sa portée ?
Le Figaro reprend ainsi l’expression de « désintégration administrative » employée dans le Livre noir.
Établissement, services rectoraux, ressources humaines, médecine de prévention, inspection, juridictions, changements d’interlocuteurs : plusieurs acteurs peuvent successivement intervenir dans une même situation. Chacun peut accomplir une partie de sa mission sans qu’existe nécessairement une vision consolidée du parcours de l’alerte et de son issue.
L’article rapporte ainsi le témoignage d’un enseignant expliquant que plusieurs responsables lui avaient assuré que son dossier avait été traité alors que, de son point de vue, la situation à l’origine du signalement demeurait entière.
C’est précisément ce paradoxe que nous avons voulu mettre en discussion.
Il ne s’agit pas d’affirmer que « personne ne fait rien ». Des dispositifs existent et des professionnels interviennent. La question est de savoir ce que produit leur intervention lorsqu’on considère l’ensemble du parcours d’une alerte.
Des mécanismes qui dépassent les situations individuelles
Caroline Beyer revient également sur plusieurs mécanismes récurrents identifiés à travers les témoignages et données recueillis par HELPEN : rumeurs et critiques devant témoins, isolement, implication déclarée de différents niveaux hiérarchiques, absence de protection ressentie, difficultés à obtenir une enquête, représailles déclarées après certains signalements ou encore conséquences importantes sur la santé et la carrière.
L’un des passages essentiels de l’article rappelle cependant une précaution fondamentale du Livre noir : les personnes qui se sont adressées à HELPEN ne constituent pas un échantillon représentatif de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale.
Le Figaro le formule clairement : les données recueillies concernent les personnels qui se sont tournés vers l’association et sont donc « ciblées et parcellaires ».
Nous revendiquons cette limite.
HELPEN ne prétend pas mesurer la prévalence nationale du harcèlement à partir de son propre corpus. Nous cherchons à documenter les situations qui nous parviennent, à identifier les mécanismes qui semblent se répéter et à poser les questions auxquelles nos propres données ne permettent précisément pas de répondre.
Caroline Grandjean-Paccoud : lorsque les décisions s’accumulent
L’article revient également sur le drame de Caroline Grandjean-Paccoud, directrice d’école décédée en septembre 2025 après avoir subi des inscriptions lesbophobes et traversé une succession de difficultés.
Ce cas est particulièrement important pour notre réflexion parce que le ministère lui-même avait alors reconnu une succession de « micro-décisions administrativo-bureaucratiques » dont l’accumulation avait constitué une défaillance institutionnelle.
Cette formulation rejoint une question essentielle du Livre noir.
Les dysfonctionnements les plus graves ne résultent pas nécessairement d’une décision spectaculaire ou d’une volonté unique de nuire. Ils peuvent également apparaître par l’accumulation de décisions, de non-décisions, de silences, de délais et de procédures qui, considérés séparément, semblent ordinaires.
C’est précisément pour cette raison que l’analyse du système importe autant que celle de chaque décision individuelle.
Les limites de nos données conduisent à une autre question : où sont les données nationales ?
L’un des aspects les plus importants de l’article du Figaro intervient lorsqu’il aborde les limites du travail de HELPEN.
Si nos données ne permettent pas d’établir une prévalence nationale, quelles données permettraient de le faire ?
Combien de signalements concernant des faits de harcèlement entre personnels sont enregistrés chaque année dans l’Éducation nationale ?
Combien donnent lieu à une enquête administrative ?
Combien de protections fonctionnelles sont demandées et accordées ?
Quels sont les délais de traitement ?
Quelles suites sont apportées aux alertes ?
Et surtout : existe-t-il aujourd’hui une vision nationale consolidée permettant de suivre ces indicateurs et d’évaluer les dispositifs ?
Ce sont précisément les questions auxquelles une association comme HELPEN ne peut pas répondre seule.
Pourquoi nous demandons désormais au Parlement de vérifier
Le Figaro revient ainsi sur notre demande de commission d’enquête parlementaire et sur les initiatives déjà prises par plusieurs députés autour du harcèlement entre personnels, du traitement des signalements et de la protection des agents.
Cette évolution est importante.
Depuis deux ans, HELPEN reçoit des histoires individuelles. Chacune mérite évidemment d’être considérée pour elle-même. Mais leur rapprochement fait apparaître des questions qui dépassent progressivement les personnes qui nous les ont confiées.
À partir de combien de situations similaires une succession de cas individuels devient-elle une question d’organisation ?
Comment mesurer l’efficacité d’un dispositif de protection ?
Qui dispose de l’information permettant de suivre une alerte dans le temps ?
Qui peut rapprocher les données provenant de différentes académies ?
Sur ces questions, HELPEN peut documenter, interroger et formuler des hypothèses. Nous ne disposons ni des pouvoirs ni des données permettant de trancher.
C’est pourquoi notre demande au Parlement peut se résumer très simplement :
Nous ne demandons pas que l’on croie HELPEN. Nous demandons que l’on vérifie.
Le Livre noir est désormais accessible à tous
Nous remercions Caroline Beyer et la rédaction du Figaro d’avoir consacré cet espace important au travail de HELPEN et d’avoir restitué non seulement les situations humaines dont il est issu, mais également ses interrogations sur le fonctionnement institutionnel et les limites méthodologiques de nos données.
Après plus de deux années de travail, le Livre noir de l’Éducation nationale devient aujourd’hui un document public.
Ses 264 pages sont accessibles intégralement et gratuitement. Chacun peut désormais lire nos analyses, examiner nos données, prendre connaissance des témoignages et documents que nous avons réunis, discuter nos hypothèses et les confronter à d’autres travaux.
Le Livre noir n’est pas une conclusion.
Il est une invitation à regarder ensemble ce qui se passe après qu’une personne a trouvé le courage de signaler.
Lire l’article du Figaro
Consulter et télécharger gratuitement le Livre noir de HELPEN
Lire. Vérifier. Discuter. Et, désormais, agir.
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