HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE
Education nationale : on pleure nos morts. On abandonne nos vivants.
50 000 signatures en 72 heures pour honorer nos camarades abandonné(e)s lorsqu'elles se suicident, lorsqu'ils sont assassinés. Moins de 3000 signatures en presque un an pour les bénévoles qui veulent protéger ceux qui sont encore vivants, dans l'indifférence et la lâcheté collective. Voilà où nous en sommes. Parce qu’une institution qui n’écoute ses agents qu’après leur effondrement est une institution qui s'effondre collectivement.
Helpen
5/25/20263 min read


Quand les morts mobilisent davantage que les vivants : un malaise collectif qu’il faut regarder en face
Depuis plusieurs années, le monde de l’Éducation nationale est traversé par une souffrance profonde. Des collègues craquent, tombent malades, quittent leur métier, parfois mettent fin à leurs jours. À chaque drame, l’émotion est immense, sincère, collective. Des milliers de personnes signent des pétitions, des hommages sont organisés, les réseaux sociaux se couvrent de noir. Et il faut le dire clairement : ces mobilisations sont nécessaires. Elles honorent la mémoire de collègues que l’institution n’a parfois pas su protéger.
Mais une question difficile commence à émerger.
Pourquoi attendons-nous si souvent qu’il soit trop tard ?
Chez Helpen, nous avons lancé une pétition pour demander une commission d’enquête parlementaire sur les mécanismes de souffrance au travail, de harcèlement institutionnel, d’isolement et de non-protection dans l’Éducation nationale. Après près de dix mois, elle n’a pas atteint 3000 signatures.
Dans le même temps, certaines pétitions liées à des suicides de collègues ont dépassé les 50 000 signatures en quelques jours.
Il ne s’agit pas d’opposer les morts aux vivants.
Il ne s’agit pas de critiquer celles et ceux qui se mobilisent dans le deuil.
Il ne s’agit pas non plus de minimiser l’action des syndicats ou des associations déjà engagées depuis des années.
Au contraire. Cette différence de mobilisation révèle surtout quelque chose de plus profond : notre immense difficulté collective à regarder la souffrance avant la catastrophe.
Tant qu’une personne est encore debout, même épuisée, même humiliée, même en arrêt maladie, même détruite psychologiquement, elle reste souvent seule face à des procédures interminables, des réponses administratives standardisées, des enquêtes internes sans effet, ou des injonctions au silence.
Beaucoup de collègues nous écrivent des phrases terribles :
« Je tenais uniquement pour mes élèves. »
« Je rêvais de convocations toutes les nuits. »
« Je faisais semblant d’aller bien pour ne pas inquiéter mes enfants. »
Et pourtant, ces situations déclenchent rarement une mobilisation nationale.
Pourquoi ? Parce que la souffrance au travail reste encore perçue comme floue, subjective, individuelle. Parce que les mécanismes institutionnels sont complexes. Parce que beaucoup ont peur. Parce que dénoncer expose. Parce qu’un collègue vivant dérange parfois davantage qu’un hommage unanime après un drame.
C’est précisément là que le rôle des associations, des syndicats, des collectifs et des citoyens devient essentiel.
Helpen ne prétend pas remplacer qui que ce soit. Nous savons le travail immense accompli par de nombreux représentants syndicaux, médecins, avocats, journalistes, élus et associations. Nous savons aussi que beaucoup de cadres souffrent eux-mêmes d’un système devenu brutal et déshumanisé.
Mais nous croyons qu’il faut désormais franchir une étape supplémentaire : documenter, rendre visible, objectiver et politiser cette question de santé publique.
Pas après les drames. Avant.
Notre demande de commission d’enquête parlementaire n’est pas une attaque contre une institution ou contre des personnes. C’est une demande de vérité, de transparence et de prévention.
Combien de signalements restent sans suite ?
Combien de protections fonctionnelles accordées par la justice ne sont jamais réellement appliquées ?
Combien d’agents sont déplacés, isolés ou poussés vers la sortie après avoir parlé ?
Combien de médecins, RH, directions ou inspections sont laissés seuls sans moyens réels de prévention ?
Ces questions méritent un débat démocratique national.
Nous appelons donc, avec respect et sans opposition aux autres formes de mobilisation, toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ces situations à agir pendant qu’il est encore temps :
parler,
témoigner,
soutenir les collègues encore en souffrance,
contacter leurs député·es,
faire connaître l’action d’Helpen,
demander une véritable enquête parlementaire.
Parce qu’une profession ne devrait pas attendre ses morts pour écouter enfin ses vivants.
Signez, relayez la pétition du collectif bénévole d'intérêt général Helpen: https://c.org/qBVgRbnSLs
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