HELPEN - ASSOCIATION RECONNUE D'INTERET GENERAL - LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT MORAL ENTRE PERSONNELS DE L'EDUCATION NATIONALE
Acteurs publics relaie le Livre noir de HELPEN : « l’association alerte sur l’inefficacité des réponses de l’institution »
À quelques heures de la publication intégrale et gratuite du Livre noir de l’Éducation nationale, le média spécialisé Acteurs publics consacre ce 31 août un article au travail mené par HELPEN depuis plus de deux ans.
Helpen
8/31/20265 min read
À quelques heures de la publication intégrale et gratuite du Livre noir de l’Éducation nationale, le média spécialisé Acteurs publics consacre ce 31 août un article au travail mené par HELPEN depuis plus de deux ans. Un immense merci à Marie Malaterre pour son travail d'une très grande rigueur.
Sous le titre « Harcèlement à l’Éducation nationale : l’association Helpen alerte sur l’inefficacité des réponses de l’institution », la journaliste Marie Malaterre revient sur plusieurs des principaux constats du rapport, mais également sur les précautions méthodologiques qui doivent accompagner leur lecture.
Cette première lecture journalistique du Livre noir nous paraît importante : elle replace la question du harcèlement entre personnels dans une interrogation plus large sur le traitement des signalements et l’effectivité des dispositifs de protection.
Plus de 2 500 témoignages et signalements recueillis
Acteurs publics rappelle que le travail de HELPEN s’appuie sur plus de 2 500 témoignages, signalements et échanges recueillis au cours de deux années de travail, ainsi que sur des données, documents et échanges avec différents acteurs de l’Éducation nationale.
L’article revient notamment sur plusieurs résultats concernant les personnes ayant répondu aux enquêtes de HELPEN : implication déclarée de la hiérarchie, situations d’isolement, absence de protection, refus d’enquête, retournement contre la personne ayant signalé les faits ou encore représailles après un signalement.
Mais la journaliste prend également soin de rappeler une distinction essentielle de notre démarche : ces données ne constituent pas une enquête de prévalence représentative de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale.
Elle reprend ainsi cette précision du Livre noir :
« Helpen ne prétend pas mesurer, à partir des personnes qui se sont adressées à l’association, la proportion de personnels harcelés dans l’ensemble de l’Éducation nationale. »
C’est précisément pour cette raison que nous avons souhaité rendre notre méthodologie et ses limites aussi visibles que possible.
Notre objectif n’est pas de transformer les personnes qui se sont adressées à HELPEN en un échantillon représentatif qu’elles ne sont pas. Il est d’observer ce que le rapprochement d’un nombre important de situations peut faire apparaître comme mécanismes récurrents, puis de demander que ceux-ci puissent être vérifiés à une échelle que seule l’institution, et éventuellement le Parlement, peuvent réellement atteindre.
La question centrale : que devient une alerte ?
L’un des intérêts de l’article d’Acteurs publics est de ne pas réduire le Livre noir à une succession de chiffres spectaculaires.
Marie Malaterre revient notamment sur l’hypothèse centrale développée dans le rapport : une institution peut disposer de nombreux dispositifs sans disposer nécessairement d’une vision consolidée de leur fonctionnement, de leur articulation et de leurs résultats.
C’est très différent d’affirmer que « personne ne fait rien ».
Des cellules de signalement existent. Des enquêtes peuvent être conduites. Des dispositifs de protection fonctionnelle existent. Des services de prévention, des inspections, des ressources humaines et différents niveaux hiérarchiques interviennent.
La question posée par HELPEN est ailleurs :
Que devient concrètement une alerte une fois qu’elle entre dans le système ?
Peut-on en suivre le parcours ? Sait-on combien d’alertes sont reçues chaque année ? Combien sont effectivement instruites ? Dans quels délais ? Combien conduisent à une enquête ? À une mesure de protection ? À une décision ? Que devient la situation de l’agent plusieurs mois ou plusieurs années après son premier signalement ?
C’est ce passage de l’existence des dispositifs à l’évaluation de leur effectivité que le Livre noir souhaite mettre en discussion.
« Ce que l’institution ne corrige pas, elle le reproduit »
L’article revient également sur ce que notre rapport décrit comme une « boucle de reproduction ».
À travers les situations qui nous ont été rapportées, certains enchaînements reviennent : signalement, absence ou insuffisance de réponse perçue, minimisation, circulation imparfaite de l’information, difficultés à identifier le niveau effectivement responsable du suivi, parfois représailles déclarées, et finalement déplacement ou départ de la personne qui avait initialement lancé l’alerte.
Ces mécanismes ne permettent pas de conclure que toutes les situations sont identiques ni que tous les services réagissent de la même manière.
Ils justifient en revanche une question simple : l’institution dispose-t-elle aujourd’hui des instruments permettant d’identifier ses propres échecs, d’en comprendre les causes et d’éviter qu’ils ne se reproduisent ailleurs ?
C’est dans ce sens que le Livre noir formule cette proposition : « ce que l’institution ne corrige pas, elle le reproduit ».
De situations individuelles à une question d’action publique
Acteurs publics relève également le changement d’échelle que HELPEN cherche désormais à provoquer.
Au cours des derniers mois, plusieurs députés ont adressé au Gouvernement des questions écrites portant sur le harcèlement entre personnels, le traitement des signalements, la protection des agents ou encore les données dont dispose l’Éducation nationale.
Pour HELPEN, cette évolution est essentielle.
Le sujet ne peut pas rester indéfiniment une succession de situations individuelles examinées séparément les unes des autres. Il faut également pouvoir demander ce que leur rapprochement révèle du fonctionnement général des dispositifs.
C’est la raison pour laquelle HELPEN demande qu’un véritable travail parlementaire puisse être engagé.
Une association peut recueillir des témoignages, analyser des documents, interroger des institutions et mettre en évidence des régularités. Elle ne dispose en revanche ni d’un pouvoir d’audition ni d’un accès à l’ensemble des données détenues par les académies et l’administration centrale.
Notre demande n’est donc pas : « Croyez HELPEN. »
Elle est beaucoup plus simple :
« Vérifiez. »
Une première lecture avant la publication intégrale
Nous remercions Marie Malaterre et la rédaction d’Acteurs publics d’avoir consacré du temps à la lecture de ce travail et d’en restituer à la fois les constats et les précautions méthodologiques.
Cette publication intervient à la veille d’une étape importante pour notre association.
Le 1er septembre 2026, le Livre noir de l’Éducation nationale sera mis intégralement et gratuitement à la disposition de tous.
Chacun pourra alors consulter ses 264 pages, examiner nos données, lire les témoignages et documents présentés, comprendre notre méthode, discuter nos interprétations et, naturellement, les contredire lorsque cela paraît nécessaire.
C’est exactement ce que nous souhaitons.
Le Livre noir n’a pas vocation à clore une discussion. Il a vocation à permettre qu’elle commence sur des éléments désormais réunis et accessibles.
Lire l’article d’Acteurs publics :
Harcèlement à l'Éducation nationale : l'association Helpen alerte sur l’inefficacité des réponses de l’institution
À partir du 1er septembre :
Télécharger gratuitement le Livre noir de HELPEN
Lisez-le. Vérifiez-le. Discutez-le. Faites-le circuler.
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